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Bienvenue chez toi, Rudy Moury (partie 3)
09 novembre 2010

A contrario, qui dit meilleur souvenir, dit aussi pire souvenir ? - « Ma première saison avec Georges Heylens. Après, j’étais son chouchou car il s’est rendu compte que j’étais un bon joueur, mais la première année il ne m’a pas vraiment humilié mais presque. Je n’ai pratiquement pas joué, il venait avec des joueurs et il ne m’a jamais donné ma chance. A ce moment-là, j’apprenais mon métier, il me semble que c’était plus dur de s’imposer que maintenant. Ca, c’est mon pire souvenir, sans oublier la Finale, bien sûr ! Volé comme au coin d’un bois ! Quand tu vois les joueurs du Standard, Cruz, Wilmots, Vos, Genaux, Léonard, Hellers, Bodart, Dinga, c’était du lourd, c’était vraiment la classe en face. Et malgré ces joueurs-là, Constantin arrive à nous voler. Léonard devait avoir la rouge pour l’agression sur Olivier, il n’a même pas une jaune et c’est lui qui marque le deuxième but. Tout a été contre nous, on commence déjà à perdre le match à l’entraînement de la veille avec la blessure d’Istvan Guliyas. Avec tout le respect que j’ai pour David Baestlé, qui était le 3ème gardien après Istvan et Peter Kerremans lui aussi blessé, je suis persuadé que Guliyas n’encaisse pas le premier but. Puis, c’est Cédomir Janevski qui se blesse au coude en retombant mal suite à un contact avec Henk Vos, l’auteur du premier but. L’occasion de Dante, ce n’est pas un raté, c’est Bodart qui sort bien. La balle touche son pied, si elle est 2 centimètres plus haut, elle touche son lacet et file dans la lucarne. Sans oublier le coup-franc de Van Meir qui passe à 10 centimètres de la lucarne. J’ai pleuré à la fin du match qui clôturait la saison 92-93, la meilleure saison de ma vie. Après, quand j’ai appris ce qui s’était passé avec Constantin, à la limite, cela m’a mis un peu de baume au cœur car nous avions été volé, nous n’avions pas été battu par plus fort que nous. Parmi tous vos coéquipiers, lequel vous a le plus marqué ? - « Osvaldo Hurtado ! La grande classe ! Le plus grand technicien que j’ai vu, un cran au-dessus de Zetterberg ! Je t’assure, je l’ai vu faire des trucs à l’entraînement ou en match. Il avait 35 ans avec un genou en compote, s’il était venu à 25 ans, il serait devenu une star, même Raymond Goethals l’a dit. Je me souviens d’un match contre Courtrai, le gardien Pierre Drouguet sort à peu près au point de corner et il veut dégager en force mais rate son dégagement. Osvaldo est en face du banc visiteur, la balle arrive à mi-hauteur, il l’a contrôle, je ne sais toujours pas comment, elle fait un petit bond, demi-volée, deuxième piquet intérieur et goal, de 30 mètres ! A l’entraînement, je l’ai vu marqué un but des 60 mètres, Dominique Michel dégage, Osvaldo contrôle et envoie une buse, du coup de pied, d’une pureté étonnante. Ugarte ? C’était un excellent joueur mais il lui fallait un ballon pour lui et un autre pour l’équipe (rires). J’ai eu en face de moi des joueurs extraordinaires, comme Hans-Peter Lenhoff ou Wamberto, mais mon préféré était le chilien Osvaldo Hurtado. J’ai aussi beaucoup apprécié de côtoyer Philippe Desmet. Il nous donnait beaucoup de conseils à Roch ou à moi. Ce mec était international, il était au Mexique en 86, il avait joué la Coupe d’Europe avec Waregem, ce n’était pas rien, il avait éliminé l’AC Milan. Il nous disait que nous devions croire en nous, il me disait que j’avais de l’or dans les pieds. Même s’il n’a pas laissé un grand souvenir à Charleroi, il m’a marqué au même titre que Rodion Camataru ou Imre Garaba, 80 capes internationales, aussi au Mexique en 86, battu 6-0 par la Russie. Ils avaient joué des Coupes du Monde et des Coupes d’Europe, ils avaient une formidable expérience et ils la partageaient. On en profitait tous, tant sur le terrain que dans le vestiaire. » Vous êtes encore en contact avec certains de vos anciens équipiers ? - « Oui, je vois encore Roch Gérard. Je serai content de revoir Tibor Balog. En fait, nous sommes toujours copains mais on ne se voit plus souvent. J’ai peur de croiser Olivier Suray ou Marco Casto car alors la soirée aura du mal de finir avant 3 heures du matin (rires). » Nous pensons qu’il y a des chances de voir l’un ou l’autre car, pendant le match, nous ne serons pas très éloignés de leur place habituelle. - « Houlala, ça, ce n’est pas bien (rires) ! A l’époque, comme on avait les résultats, on pouvait se permettre de descendre en ville et de faire la fête après les matchs. Les supporters aimaient bien nous revoir après le match. On passait une demi-heure dans la salle des joueurs et on regardait les résumés à la télé. Ensuite, on était obligés de repasser à la salle rose et après à la buvette de mon beau-père, Jean-Claude Fiévet. Et puis on allait en ville, rendez-vous au Roy et c’était parti. De toute façon, un footballeur, qu’il ait gagné ou perdu, ne s’endort pas avant 4 heures du matin donc, à la limite autant sortir plutôt que de refaire le match dans son lit et de se faire du mal. Et puis, ça tisse les liens avec les équipiers, nous ne sortions pas à onze, mais à quinze ! à suivre ...

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