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Bienvenue chez toi, Daniel Mathy (2ème partie)
07 avril 2011

Replay du quart de Finale de la Coupe de Belgique 1977-78. 2 janvier 1978, 20h, stade Emile Versé, au cœur du Parc Astrid. RSC Anderlechtois – R Charleroi S.C - « On croyait bien se faire bouffer ! Avec cette équipe-là, cinq mois plus tard, Anderlecht allait gagner la Coupe d’Europe des Clubs vainqueurs de Coupe ( qui n’existe plus )face à l’Austria de Vienne, en ayant éliminé Hambourg, Porto et Twente. Le match commence, …1-0, …2-0, on est plutôt mal barré (rires) mais on revient à 2-1. Il reste 10 ou 15 minutes à jouer, j’ai le ballon en main. Je réussi mon dégagement, vers le flanc gauche, pour Cosimo Schéna qui avait une technique hors-pair, il fait un bon contrôle, un petit geste et Nico De Bree sort comme un kamikaze en dehors de son rectangle. Cosimo fait une pichenette et … 2-2 !!! En ce temps-là, les buts marqués à l’extérieur n’étaient pas prépondérants, donc nous nous retrouvons aux prolongations. Il ne se passe rien de spécial à signaler pendant 2 fois 15 minutes, un troisième match n’étant pas prévu, il faut nous départager aux pénaltys. Je possède chez moi un photomontage représentant les dix tirs au but. Rensenbrink shoote le premier, je touche le ballon, piquet …mais but, 1-0. Les tirs s’enchainent, 1-1,2-1,2-2. Pour le troisième tir, c’est Ludo Coeck qui s’avance. Je joue l’intox, en lui donnant le ballon je le regarde et lui dis ? tu ne marqueras pas, tu trembles ?. Je savais qu’il était gaucher, il shoote à mi-hauteur, à 50cm du sol, c’était parfait pour moi et je vais le chercher. Plus rien ne se rate jusqu’à 4 partout et c’est à nous de tirer le dernier pénalty. Raymond Goethals est rentré au vestiaire, il avait compris (rires). J’ai oublié le nom du dernier tireur, il faut dire que je ne l’ai pas vu. En effet, tournant le dos au terrain, je m’étais placé derrière le but, face aux supporters carolos. Le ballon arrive en pleine lucarne et je vois les écharpes noires et blanches qui s’agitent. Et le 2 janvier, rebelote, nous voilà repartis pour la guindaille (rires). On revient sur le parking à Charleroi, les supporters nous attendaient à la buvette et on a fait la fête avec eux. C’était le bon temps, on était très proches de nos supporters et je le suis toujours resté. Après, j’ai raccompagné Jacques Van Welle qui habitait Bruxelles et nous avons fait la fiesta jusqu’à 14h. Mon ex-épouse avait téléphoné à la gendarmerie pour savoir où j’étais, ils l’ont rassurée car, eux, savaient où j’étais (rires). » Vous gagnez le droit de disputer la demi-finale face au FC Bruges, le tenant du titre. - « Oui, mais surtout, ils allaient disputer la finale de la Coupe des Clubs Champions (l’ancienne Champion’s League) face à Liverpool au stade de Wemblay devant 92.000 spectateurs. Ils avaient éliminé l’Atlético Madrid et la Juventus. Ils jouaient avec Georges Leekens, René Vandereycken et l’entraîneur était Ernst Happel. Leur finale a été notre chance, ils sont venu chez nous et ont, probablement, levé le pied. On a gagné 3-1, c’était la folie dans le stade !!! » Et voilà la Finale, face à Beveren. - « Il y avaient 30.000 supporters carolos pour faire le déplacement au stade du Heysel, les waaslandiens n’étaient que 10.000. Malheureusement, nous avions trop de blessés et des joueurs diminués. Il faut savoir que nous avions été invités à disputer un tournoi à Kinshasa, avec l’équipe nationale du Zaïre, donc certains d’entre nous avaient reçu un vaccin. Finalement, suite aux événements de Kolwezi nous n’y sommes pas allés mais le vaccin n’a pas été annulé, lui. C’est ainsi que des joueurs ont été alignés avec de la fièvre, et malgré cela, notre entraîneur, Felix Week, n’a pas voulu faire jouer Bobby Bohmer. Entre ces deux-là c’était la guerre, ils ne s’entendaient vraiment pas. Michel Esgain, également laissé sur le carreau, m’a dit que le coach avait choisi des joueurs à pile ou face, je ne sais pas si c’est vrai, mais tout est possible. Maintenant je me répète, mais cette équipe de Beveren avait un bel avenir devant elle et l’a prouvé dans les années qui ont suivi. » Vous nous avez déclaré dans la première partie que vous aviez connu des montées, voulez-vous nous parler de celle de 1985 ? - « Cette saison restera un grand souvenir bien que sa conclusion me reste, sur un plan personnel, en travers de la gorge. J’ai pratiquement joué tous les matchs de la saison régulière mais je n’ai pas pu participer au tour final. J’ai encore difficile d’accepter la décision que les anciens dirigeants ont prise en ma défaveur. A ma décharge, je dois bien reconnaître que plus la fin de championnat approchait et plus je devenais nerveux. Je pense que je me mettais trop de pression, j’avais 38 ans et ce tour final devait être l’apothéose de ma carrière. J’avais travaillé toute la saison pour remonter en division 1 et on me met sur le côté au moment de mettre la cerise sur le gateau. Il y a eu quelques soucis à l’intérieur du noyau et je m’en veux, car à mon âge, j’aurais du être plus posé avec certains joueurs. Je crois, qu’on a manqué de psychologie avec moi, il ne fallait pas avoir peur de m’aligner !!! C’est Benoît Mailleux qui a joué ce tour final mais il n’a rien fait d’autre car l’année d’après, c’est Jacky Mathyssen qui est arrivé. Je sais que je suis un dur, mais j’avais les larmes aux yeux le jour de la montée. Je suis passé devant le stade plein à craquer, je savais que nous allions gagner mais je suis parti jouer à la balle à Courcelles. On m’avait invité à prendre place sur le banc pour le dernier match, en reconnaissance des services que j’avais rendu au club. Mais j’étais trop fier et trop déçu. Néanmoins, c’est le seul souvenir négatif que je retiendrai de ma carrière zébrée. » À suivre

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