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Georget Bertoncello nous a quittés !
22 décembre 2019

Il s’appelait Georget BertoncelloMais tout le monde l’appelait Berto. Toujours gentil, toujours dispo, toujours rigolo, le verbe haut, avec les mots qu’il faut… Mais toujours réglo ! Parfois, ça lui arrivait d’en faire un peu trop, surtout quand il était jeunot…

Il pesait 80 kilos… Mais le ballon lui collait à la peau. Il le touchait, l’effleurait avec brio, comme un peintre manie son pinceau, comme un poète écrit des rondeaux…

Toute la grande famille zébrée est désemparée... Et pourtant, lui, il est déjà en train de se marrer… Berto ne voudrait pas qu’on pleure… Il détestait le malheur.

Cher supporter, si tu l’as croisé, un jour, à Charleroi, de si beau matin… Il t’a souri, il t’a tendu la main.

Des petites histoires, même difficiles à croire, celles que l’on discute un samedi ou dimanche de match au comptoir d'un bar, entre deux chopes, dans la fumée de quelques pétards, il pourrait t’en raconter des centaines, des milliards… Pour te faire oublier ton cafard.

Te souviens-tu de ce match au NK Zagreb, le 24 septembre 1969, au 1er tour de la Coupe des Villes de Foires ?

Quand il voit pénétrer les joueurs zébrés sur le terrain, le public yougoslave n’en croit pas ses yeux, il n’en retient qu’un. Il ricane, hilare, de ce petit rondouillard, de voir ce mètre 68, semblant manquer de discipline… Mais qui, un peu plus tard, allait étaler tout son génie en vitrine.

Après le 2-1 du match aller, le coach tchèque du RCSC, Jiri Sobotka, a la foi… Et en la qualification, il croit. Berto fait fi de sa masse, il éclabousse le match de toute sa classe. L’artiste virevolte, presque désinvolte, accélère, sidère, dribble et ne manque pas la cible. Ses deux potes du clan des "B" ne feront pas dans le détail… Bissot et Boulet parachèveront le travail.

Et puis, il fallait qu’on en vienne… à ce terrible match du 9 février 1975, au RWDM… Le Stade Machtens est plein à craquer… Les Molenbeekois jouent pour gagner… Berto et ses potes n’en ont rien à cirer… Comme il l’avait dit lui-même : "Les Carolos étaient là pour rigoler". Et ça les a énervés.

Cet après-midi-là, après un joli but du regretté Bobby Böhmer à la 32’, les Zèbres font la nique à Johan Boskamp et à toute sa clique. La première défaite du RWDM se dessine lorsqu’à un quart d’heure du terme, l’arbitre Fred Delcourt siffle un penalty léger en faveur des futurs Champions. Après l’égalisation, au lieu de faire la remise en jeu, voilà que notre Berto s’assied sur le cuir, en guise de protestation ! Monsieur Delcourt voit rouge et Berto bouge…

Cette scène surréaliste, tout le monde la verra sur sa télé en noir et blanc… Noir et blanc, comme tu l’as été et comme tu le seras éternellement.

Tu vois, Berto, on n’a rien loupé de ces si beaux souvenirs. Ils nous font tellement rire qu’on en vient à pleurer ! Toi, tu n’es pas uniquement le Zèbre du XXème siècle, tu es le Zèbre de tout le peuple Carolo… Un peuple qui te dit "Bravo !", qui te porte tel un héros, qui écrit ton nom sur un tifo… Berto, on ne t’oubliera pas de sitôt !

Car tu le sais désormais, un artiste ne meurt jamais 

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