Mr. Chardon, vous êtes le nouveau directeur commercial du RCSC, quel fut votre parcours commercial et professionnel avant de travailler pour le Sporting ?
« J’ai commencé, tout d’abord, par un magasin de tennis de table, puis deux, puis trois…. Ensuite, on m’a proposé de reprendre les évènements avec François Pirette, les frères Taloche et les frères Saive. J’ai mis en place un tournoi de tennis de table en 2 jours regroupant plus de 1000 pongistes sur 120 tables aux expos avec le 1er un tournoi ouvert à tous et avec des points d’handicap. Le 2e, les meilleurs joueurs du lot démarraient les premiers tours contre les qualifiés du 1er jour avec direct TV de 3H à partir des 1/4 de finale. Il y a eu 8 éditions.J’ai aussi une société VELA LINGERIE dont mon épouse est la créatrice depuis plus de 15 ans www.velalingerie.com.
Par la suite, on m’a proposé de travailler avec Action 21. Cela a pris de l’ampleur, donc, plus de temps. J’ai dû mettre certains events de côté. J’ai, aussi, remis mes magasins afin de me consacrer à 100% à Action 21.
Après avoir connu la coupe d’Europe avec Action 21, j’ai décidé de stopper et de m’orienter vers d’autres choses.
Il y a 3 ans, déjà, Mehdi et Mogi m’ont proposé de les rejoindre afin de les aider au niveau commercial. J’ai accepté et aidé Mehdi sur l’aspect commercial des choses. Ensuite, il y eut ce triste épisode de la descente –ce qui n’aide pas, au niveau commercial-, donc j’étais là, sans vraiment y être. J’étais, essentiellement, présent pour mes amis plutôt que pour le travail.
Voilà, dans les grandes lignes, mon parcours. »
Votre orientation professionnelle semble orientée vers deux axes : Inciter le public à revenir au stade et (re)gagner la confiance des sponsors de la région. Sur quelles bases travaillez-vous et quelle stratégie appliquez-vous ?
« Aujourd’hui, nous sommes pleinement conscients d’avoir la chance de posséder les meilleurs supporters de Belgique. Nous Carolos, nous ne nous en prenons pas la tête, nous avons un cœur gros comme ça. Donc, la seule chose que nous demandons aux gens, et c’est légitime, c’est du respect.
En ayant, à l’heure actuelle, la possibilité de montrer aux supporters que nous les respectons et que nous avons la chance de les avoir, nous voulons leur redonner confiance en l’équipe (chose qui ne fait pas partie de mes compétences). Tout le monde est conscient que nous ne serons pas champions de Belgique. Mais à côté de cela, remporter des victoires, développer un jeu atractif et aller titiller les grands, sont des choses que les gens veulent.
Bien évidemment, cela ne se réalisera pas en deux jours. Et je suis certain que les gens en charge de cette situation, font cela au mieux et arriveront à leurs fins. Même si cela doit prendre un certain temps.
De manière plus personnelle, je dois mettre des actions en place, afin que les gens aient envie de revenir gouter au stade, qu’ils réalisent, une fois sur place, qu’effectivement un changement a été opéré. Que ce soit au niveau de l’accueil, du comportement de l’équipe, du respect des supporters…. C’est à nous de les remercier d’avoir déboursé une certaine somme, d’avoir effectué un déplacement, etc…. Cela rejoint mon travail. »
Au niveau des sponsors, quels sont vos arguments ?
« Par rapport aux anciens, qui ont quitté, je pense qu’ils sont pleinement satisfaits de la politique actuelle. Pour la plupart, c’était la manière dont les choses étaient gérées dans le passé qui leur avait fait atteindre un point de non-retour. À présent qu’un changement a été opéré au niveau de la direction, nous avons pu remarquer un changement radical de certains anciens.
Quant aux nouveaux, tout comme les supporters, il faut leur redonner confiance. Que ce soit sur le plan de la conduite sportive et de la plateforme business que nous voulons mettre en place. Le club doit être, pour les chefs d’entreprises, la possibilité de rencontrer d’autres chefs d’entreprises et de pouvoir échanger leurs cartes et espérer pouvoir faire du business.
L’un des arguments que nous mettons en avant est la possibilité, pour eux, de venir avec des invités dans un cadre confiné et convivial, où tout le monde se sent bien.
Le respect et la manière de faire sont très importants. Comme je dis toujours : « Un sourire, un bonjour, un bon accueil sont des choses qui ne mangent pas de pain. » Cela change beaucoup de choses de sourire, de paraître jovial, enthousiaste, etc… Cela peut redynamiser aussi les choses.
Le Sporting est également une vitrine pour eux. Le football est le sport n°1 dans le monde et il se fait que nous sommes un club de foot qui évolue en Division 1 et qui, sur un rayon de cinquante kilomètres n’a pas de rivaux au niveau potentiel de spectateurs.
Si les choses se passent comme elles se doivent, il y a moyen de réaliser des choses extraordinaires, et nous, en tant que dirigeants du club, nous avons la chance de pouvoir aider au bonheur de milliers de personnes.
Les gens qui viennent au stade, s’y rendent pour prendre du plaisir. Et, au vu de la période actuelle –qui n’est pas des plus faciles pour tout le monde- , il est pour nous très important d’apporter un peu de bonheur à ces gens.
De là aussi, est venue l’idée d’inviter des associations caritatives. Même si nous ne pourrons contenter tout le monde, le peu de chose que l’on pourra mettre en places et faire que les choses se passent au mieux pour un bon nombre de personnes.
D’ici peu, nous recevrons ELA, une A.S.B.L qui s’occupe d’enfants souffrant d’une maladie orpheline dégénérescente.
Le jour du match face à Anderlecht, nous participerons à un jogging et offrirons diverses choses. Car, il est aussi de notre devoir de participer à de tels événements. »
La crise économique pose une difficulté supplémentaire à votre rôle de délégué commercial….
« Il est clair que cela n’aide pas pour que les choses se passent au mieux.
Maintenant, c’est peut-être au moment où la crise est présente qu’il faut se faire remarquer, se montrer d’autant plus. Si, par le passé, les gens n’avaient pas le besoin de se montrer, aujourd’hui c’est, sans doute, le moment de le faire et de sortir un peu plus. »
Vous avez, déjà, fait fort en lançant votre action familles de ce samedi, ainsi que les prix cassés en V.I.P, quels sont les résultats notoires et d’autres actions sont-elle prévues ?
« L’action de ce samedi, tout comme celle de Genk, sont de réels succès. Même si l’affiche est moins alléchante, le public répond présent. De plus, c’est un match important que nous ne pouvons pas perdre.
Le but de l’action familles est clair : ramener les gens au stade en famille pour passer un bon moment. Chose qui s’était peut-être perdue au fil du temps…. Il ne faut pas perdre de vue que les matches sont diffusés à la TV. Donc, il faut redonner aux gens le plaisir de venir au stade. Pas seulement en mettant des actions en place, mais aussi en proposant des animations, organiser des concours…. Afin que les gens qui viennent au stade, fassent partie intégrante de la vie du stade.
Il ne faut pas oublier d’où l’on vient, et que tout cela ne se réalisera pas en quinze jours. C’est petit à petit que l’on refera surface et que nous prouverons aux gens qu’ils ont raison de nous faire confiance.
La ligne directrice est simple : prouver aux supporters et aux partenaires qu’ils ont raison d’être derrière nous et de nous faire confiance.»
La firme MWP avec le slogan « CAROLOS ARE BACK » a frappé fort. C’est devenu une couverture médiatique importante pour le club. Qu’en pensez-vous ?
« Sur ce point, je rejoins l’avis général : Ils ont fait un coup extraordinaire. Je n’ai, d’ailleurs, pas manqué de les remercier lors de la présentation de la nouvelle présidence. Ils nous aident au quotidien, également. Je suis régulièrement au téléphone avec eux –je pense, d’ailleurs, que je suis devenu leur pire cauchemar (rires….)- , car des actions au niveau des sociétés et des supporters sont à l’étude. Ils nous aident énormément que ce soit sur ces points, mais aussi pour les feuilles à en-tête, les cartes de visites, la brochure commerciale. Ce sont des partenaires compétents et disponibles. »
Votre travail ne semble pas se limiter à l’aspect commercial, certaines rumeurs prétendent que, suite au match de Bruges, vous êtes intervenu auprès des joueurs afin de leur faire remarquer le manque de respect envers les supporters….
« Cette information est erronée. Je n’ai absolument rien à dire aux joueurs, cela n’est pas de mon ressort. Certes, cette attitude peut être considérée comme choquante. Mais en aucun cas, je ne suis intervenu auprès des joueurs. Mehdi était au courant de cette histoire et il a réagi comme il se devait, en faisant passer le message aux joueurs, que quelques soient les circonstances, ils devaient aller saluer les supporters présents. Mon travail ne concerne pas l’aspect sportif et heureusement…. Sinon, nous serions mal barrés. Le seul patron, sur le plan sportif, c’est Mehdi Bayat.»
Vous allez vous rendre en Chine, afin de vérifier la qualité de la bâche chauffante. Votre périple asiatique ne se limitera pas à cette mission….
« Une foire se déroule à Canton, une foire internationale, la plus grande du monde. Où il y a, entre autres, tout ce qui concerne l’aspect packaging, gadgets, etc…. Tout ce qui pourrait, finalement, convenir à la boutique du RCSC.
Je me rends à cette foire, accompagné d’autres chefs d’entreprise, et chacun y va pour son activité respective et espérer trouver des fournisseurs potentiels. Pour ma part, je vais m’informer des choses qui sont possibles et de celles qui ne le sont pas. Mais il est clair que le but premier de ce voyage est de trouver certains articles qui pourraient venir renforcer la donne sur les produits vendus à la boutique.
En ce qui concerne la bâche, celle-ci a été commandée par Mehdi, il y a un certain moment. Et mon rôle consistera à aller vérifier, sur place, si tout est en ordre et s’il n’y a pas de problèmes. Mehdi m’a briefé et j’y vais pour constater si tout est ordre et si la bâche peut partir. »
Êtes-vous seul décideur ou travaillez-vous en équipe ?
« Nous travaillons en équipe, car seul on arrive à rien. Il y a toute une série de personnes qui aident, que ce soit au niveau des supports, des L.E.D….
Tout le monde à une importance. Que ce soit les personnes qui font en sorte que le stade soit propre, que les panneaux soient bien placés, que les L.E.D tournent lors des matches à domicile, que l’écran fonctionne, les hôtesses…. Chaque personne à son importance, qu’elle travaille au quotidien ou de manière ponctuelle, "At home" : Les stewards, les contrôleurs de billets, sans oublier les gens qui travaillent à la billetterie.
À l’occasion des arts ménagers (où nous aurons un stand) des personnes seront là pour nous aider, également.
Les secrétaires se donnent également à 200%, que ce soit pour les contrats, les invitations, les places….
Je ne suis, finalement, qu’un coordinateur. »
Au niveau commercial, avez-vous carte blanche ?
« Mehdi m’a donné carte blanche au niveau des contacts avec les entreprises, pour gérer la situation.
Et, il serait mal venu, de ma part de me permettre de prendre certaines décisions sans l’accord des patrons que sont Fabien Debecq et Mehdi Bayat. Mon but est d’alléger au maximum leur charge de travail.
Certes, j’ai reçu carte blanche, mais il me semble évident, qu’au final je leur fasse part de la majorité des décisions importantes qui dépendent de mon activité.
Jamais, je ne prendrais de décisions importantes sans l’accord de Mehdi. »
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