Le football est parfois cruel mais on ne le changera pas. Ce sont les buts qui sont primordiaux et beaucoup d’équipes ont déjà vécu les mêmes péripéties… et les mêmes déboires que le Sporting de Charleroi ce lundi soir. Comme dit notre entraîneur, on ne va pas pleurer sur son sort et se coiffer de la coquille de Calimero. Après tout, ce ne sont que trois points perdus, il en reste 27 à conquérir. Mais pour en gagner ne fut-ce qu’un peu plus de la moitié qui, normalement, nous permettrait de nous classer en ordre utile pour le Top 6, il faut, coûte que coûte, enrichir son capital « BP ». Or, si le Sporting reste la seconde meilleure défense de la Pro League, il se pare de la plus mauvaise attaque des candidats aux PO. Et si le Club veut réaliser son objectif, il sait où le bât blesse…
Ceci dit, par ses deux goals, le Sporting d’Anderlecht a mis… le pied là où ça fait le plus mal : un pourcentage très élevé d’efficacité (meilleure production offensive et pas loin du double de celle de son homologue Carolo) et un réalisme détonant avec, pour exemple ultra évident, Teodorczyk, encore lui, Mister « Goal Machine », qui transforme la moindre (demi) occasion en monnaie sonnante et trébuchante.
Soulignons, en caractères gras, les énormes qualités de ce joueur en plein « revival » (24 goals sur 30 matches, toutes compétitions confondues !) qui est impliqué sur les deux réalisations de sa formation : sur le premier, il remporte son duel et conclut l’excellent service d’Hanni tandis qu’il isole adroitement Acheampong sur le second après que la défense des Zèbres se soit préalablement laissé prendre au piège de la superbe chevauchée de Chipciu…
Après les louanges au vainqueur, évoquons les regrets (mais aussi les mérites) du vaincu. Outre les phases contestables des 19ème et 57ème, respectivement, sur David Pollet et Clément Tainmont, pour lesquelles des penalties moins probants ont déjà été octroyés, les Carolos ont présenté, par moments, un football « champagne » avec une animation et une circulation de balle séduisantes, de très beaux gestes techniques, à l’instar de Clinton Mata; de bonnes anticipations (Javier Martos mais aussi Dorian Dessoleil), de la diversité dans la transmission (Damien Marcq, Christophe Diandy) et une division offensive bien en place et volontaire à laquelle il ne manquait qu’un peu plus de pragmatisme et de réussite (le contrôle… du genou sur l’occasion « 5 étoiles » de David à la 20ème, l’arrêt, à même la ligne, de Nuytinck sur le tir, de l’extérieur du gauche, d’Amara Baby à la 29ème, et la volée de Clément Taimont qui vint frapper le bas du montant gauche de Boeckx à la 52ème).
Trois faits qui auraient pu rapporter autant de goals mais Anderlecht a fait le « gros dos » en attendant les situations propices dans les 20 dernières minutes afin de porter l’estocade.
Mais le Zèbre n’est pas mort, il se relèvera, digne, aussi bien dans la défaite, comme il l’a toujours été. Car nos joueurs peuvent être fiers du chemin accompli jusqu’ici et ils pourront bénéficier d’une trêve et d’un prochain stage, faisons-en le vœu, salutaires à tous points de vue, afin de faire fructifier le patrimoine « confiance » du groupe et se projeter sur la reprise à La Gantoise, nantis de la même détermination et des mêmes convictions.
N’en doutons point, les axes de travail seront bien définis à l’approche de ce séjour à Valence du 7 au 14 janvier : la reconstruction psychologique après ces deux revers consécutifs, l’entretien et le renforcement des liens entre coéquipiers, la réflexion sur les enjeux… Bien d’autres aspects, particulièrement dans le domaine tactique, seront inévitablement abordés mais chaque chose en son temps… Tout vient à point à qui sait attendre.