" Vu l’absence de Damien, Gaëtan Hendrickx pourrait jouer comme tous les joueurs du groupe. Chacun espère et risque de jouer. Maintenant, c’est une solution que nous avons déjà testée avec succès lorsque Cristophe ou Damien n’étaient pas là. Tout dépend de l’animation que je vais mettre en place et du dispositif. Nous verrons…
Dans l’animation offensive, chacun a ses qualités. On essaie de faire jouer chaque joueur en fonction de ses qualités et lui demander,et lui donner des consignes en fonction de ses qualités. Les consignes sont évidemment légèrement différentes par rapport aux choix avec le ballon. Maintenant, dans l’option tactique, dans le positionnement offensif, dans le positionnement défensif, quand Gaëtan joue, on essaie de garder la même philosophie et on demande, donc, les mêmes choses.
C’est gai de travailler dans une période comme celle-ci. Quand on a atteint son objectif aussi important et que tout le monde espérait et que l’on s’était fixé en début de saison. "L’après" est plus agréable, il y a moins de tension, il y a plus de sourires et de sérénité, c’est certain. À partir de là, je conserve ce groupe, comme il l’est depuis toujours, à savoir que lorsqu’il est sur le terrain, il donne beaucoup d’envies et ça travaille très bien. C’est un groupe qui peut se permettre de prendre du plaisir. Pour le moment, on vit très bien.
Je ne crois pas qu’il ait un relâchement depuis la fin de la phase classique… Maintenant quand on a tellement bataillé pour accéder à ces POff1… Les joueurs savent ce qu’ils ont dû faire pour se qualifier. Je ne pense pas, consciemment en tout cas, qu’ils aient envie de relâcher. Quand je vois le stage et les entraînements de cette semaine où nous avons préparé le match, je n’ai pas senti au moindre moment du relâchement… Que du contraire : beaucoup d’envies et de simplicité.
Nous ne sommes plus dans le même canevas de la phase classique. À partir de maintenant, ce sont les six meilleures équipes de Belgique, par le classement, qui vont se rencontrer. Il n’y a donc pas de match plus simple ou plus compliqué, des adversaires plus ou moins abordables. Ce sont des équipes de grosses qualités. Il s’agit, à présent, d’un mini championnat de dix matches où Charleroi est capable de tout. Je souhaite gagner contre Ostende, d’une part, parce que nous jouons à domicile et d’autre part, parce que c’est le premier match de ces POff1. Il nous en restera neuf derrière. Charleroi a prouvé – notamment après décembre- qu’il était capable de retrouver des ressources contre n’importe qui. Je ne vais pas commencer à parler de "premier match délicat si on ne le gagne pas", on va tout faire pour le gagner. Ce championnat est tellement élevé au niveau de la qualité des adversaires, qu’il est hors de question de se prendre la tête. Nous devons rester très sereins et prendre chaque match avec nos valeurs, un très grand état d’esprit et les jouer tous pour les gagner avec beaucoup de plaisir.
Nous sommes sortis d’une situation plus délicate dans les deux ou trois dernières semaines de la phase classique, au niveau tension ou nervosité. Moi-même, je dois encore grandir dans des moments où nous sommes tout proches d’un objectif, par exemple. Comme ce fut le cas à Lokeren. Mais bon, nous ne devons pas aborder le nouveau scénario de la même manière que nous l’avons été dans le scénario précédent : on doit avoir beaucoup de plaisir. Si on réussit à mettre ce plaisir dans la tête des joueurs, des gens qui nous entourent, qui nous apprécient, qui nous regardent, nous supportent, je pense que les choses se dérouleront beaucoup mieux que si on se trouve dans la nervosité, la précipitation, que si on se dit "on a perdu le premier match, c’est grave, nous sommes mal partis." On rentrerait alors dans un système négatif. Nous avons atteint notre objectif, nous devons rester dans le positif, ne pas douter même si on sait que l’adversité sera forte. Quand on est heureux, on fait mieux les choses.
Tous les joueurs n’ont pas encore connus les POff1, moi-même, ce n’est arrivé qu’une fois. J’essayerai de leur transmettre le maximum de ma première et ultime expérience (rires). Le groupe a beaucoup mûri depuis les deux dernières saisons. Nous nous sommes qualifiés dans ce top 6 grâce peut-être aussi à cette maturité, et à cette expérience. Nous avons eu des moments où nous étions moins alléchants à voir. Les garçons savent que les POff1 ne se jouent pas de la même façon que lors de la phase classique où par moments, il y a une gestion. Dans les POff1, tout est serré, les différences sont minimes. On sait que ce mini championnat est plus médiatisé, un environnement sera présent. À nous d’avoir cette intelligence pour bien gérer tout cela.
Ce qu’a fait la direction par rapport à la levée d’option de différents contrats, c’est très grand. Finalement, donner de la longueur dans la plupart des contrats avant de démarrer ces POff1, c’est donner une certaine sécurité et sérénité aux joueurs. C’est un message, aussi, pour leur dire "merci pour le travail effectué durant toute la saison, on compte sur vous pour la suite" Ce message lancé par la direction est vraiment important.
Ostende a perdu la coupe, mais cela ne change rien. C’est une équipe avec beaucoup de qualités. Ils ont perdu sur des détails en encaissant trois buts, mais en mettant trois aussi à Zulte. C’est un club avec beaucoup d’ambition à l’image de son président, avec un entraîneur qui a aussi beaucoup d’ambition avec de la qualité sur le terrain et sur le banc.
On sait que l’on peut battre cette équipe. Nous l’avons fait deux fois cette saison. Ce n’est pas pour cela que nous allons la battre. Il faut rester calme, objectif et ne pas se reposer sur le passé, car les paramètres actuels ne sont pas les mêmes qu’en phase classique : les compositions des deux équipes, la période… Maintenant, c’est bien de les avoir battus deux fois, les joueurs doivent être aussi conscients qu’ils sont capables de les battre, mais cela ne doit pas s’arrêter à ce constat.
Dimata ne devrait pas être absent, et même s’il l’était, Ostende a assez de qualité dans le groupe pour le remplacer sans bouger à leur système. Dimata apporte énormément quand il est à la pointe d’attaque et il marque facilement, mais tous les médians sont importants dans l’équilibre de cette équipe. Akpala est un super joueur, si c’est lui qui doit reprendre le rôle de Dimata, c’est aussi de la grosse qualité.
Les joueurs n’ont pas besoin de moi pendant un match. J’espère que ce n’est pas le cas durant la semaine qui précède et qui suit une rencontre. Ils savent, normalement, ce qu’ils doivent faire en possession ou en perte de balle, idem sur les phases arrêtées. Un monsieur comme Mario Notaro reprendra ce rôle. À chaque fois qu’il a dû le faire dans le passé, je ne pense pas qu’il ait perdu beaucoup de points.
L’absence de David me laisse différentes options. C’est dommage qu’il soit absent parce que cela fait de la concurrence en moins David est quelqu’un qui travaille énormément. Je sais que certains se demandent pourquoi il a un rôle particulier. À Lokeren, il a tenu à la perfection, le rôle que je lui avais demandé, ce qui a contré parfaitement le jeu de Skulason. Quand un joueur est absent, c’est embêtant pour lui, pour la concurrence, pour le groupe, pour des options éventuelles en cours de match. Maintenant, nous avons assez de solutions dans le groupe lorsqu’il y a des absents. Nous l’avons déjà prouvé.
J’ai la chance d’avoir des garçons hyper réceptifs qui savent s’adapter à n’importe quel dispositif. Nous avons joué en 4-4-2, en 4-5-1, en 3-5-2 et en 3-4-3. Nous avons fait le tour de tous les dispositifs cette saison-ci. Nous avons choisi un dispositif. Si nous démarrons comme face à Lokeren, il y a l’option Benavente, Fall, Remacle pour prendre le rôle de David.
Je pense que les joueurs prennent beaucoup de plaisir à défendre comme ils le font. En football, il n’y a pas que la possession de balle. Quand on essaye de mettre en place une philosophie et que les joueurs essaient d’appliquer cette philosophie, l’important reste l’intention. Quand on donne le ballon d’or, on le donne toujours à un joueur offensif. Idem quand on parle de révélation de l’année. Les joueurs que l’on cite partout, ce sont des gars offensifs comme Messi ou Ronaldo. On ne parle jamais des joueurs défensifs. En football, il y a l’aspect perte et possession de balle. On peut prendre du plaisir en pratiquant un jeu organisé, appliqué, en respectant les consignes et en ne prenant pas de but. Mais c’est vrai que le spectateur prendra plus son pied en voyant des combinaisons, des passings tout est basé sur l’aspect offensif, ce n’est pas la même chose pour un entraîneur. "