Que recherchez-vous ?

Bienvenue chez toi, Philippe Migeot 2ème partie

Tout en suivant des études universitaires ?

Vous croyez cela encore possible de nos jours ?

– « Non, je suis formel !!!

J’avais la chance que mon ami Jean-Jacques Cloquet suive le même parcours que moi et ensemble nous nous motivions l’un l’autre.

J’avais joué quelques matchs de D1 pendant ma 1ère candi et beaucoup pendant ma 2ème, mais il y avait trop de jeunes dans le noyau et nous avons été relégués à l’issue de cette saison-là.

Monsieur Piccinin avait commencé la saison mais, suite aux mauvais résultats, il avait été remplacé par Monsieur Horvath.

Après deux jours de présence au club, l’entraineur tchécoslovaque m’appelle dans son vestiaire et me dit clairement qu’il se moque de mes études, qu’il y a 5 entraînements par semaine dont 2 le matin et que si j’en rate, je ne jouerais pas.

Ca devenait terriblement difficile de combiner les deux mais il ne restait que trois mois de compétition et j’ai mordu sur ma chique.

Malheureusement pour le club mais heureusement pour Jean-Jacques et moi, le Sporting est descendu et nous sommes repassés à 4 entraînements par semaine et tous en soirée. »

Vous avez connu cette descente dans l’antichambre de l’élite, y avait-il des similitudes avec la situation actuelle ?

– « Je ne vois pas vraiment de similitudes.

J’ai évidemment un regard assez éloigné mais j’ai le sentiment que notre situation actuelle fait penser à une chronique d’une histoire annoncée.

Charleroi a eu une très belle réussite dans ses transferts, souvent judicieux.

Il y a, finalement, un paquet d’excellents joueurs qui sont passés par ici, comme Sterchele, Akpala, Dante, Dufer, etc…

Mais, ils ne sont jamais resté longtemps car vendu trop vite et ils ont explosé ailleurs.

Mais ces derniers temps, la baraka semble avoir abandonné les gens chargés du recrutement et particulièrement cette année.

Depuis deux ou trois saisons, on n’abandonne plus le fond du classement et petit à petit, on a senti que les choses s’effilochaient.

Ce qui n’était pas du tout notre situation lors de notre descente de 80, il faut se rappeler que la saison précédente nous avions été en finale de la Coupe de Belgique.

A l’aube de la dernière saison 84-85, le Sporting reçoit le grand Liverpool en match de gala.

Avez-vous une anecdote sur cette rencontre ?

– « Oui, j’espère qu’il y a prescription !!! (rires)

Je n’ai pas joué ce match mais j’étais assis sur le banc.

Les capitaines ont joué le toss et échangé les fanions.

C’est ainsi que le fanion des Reds s’est retrouvé dans les mains du soigneur, j’ai demandé à le voir, le match a commencé et ce trophée est resté en ma possession. »

Bon, on va envoyer la police pour le récupérer !!!

– « D’accord (rires), si je le retrouve je m’engage à le rendre au Sporting pour qu’il l’expose dans une vitrine. »

Y a-t-il un match référence dans la carrière de Philippe Migeot ?

– « Bien sûr, le 9 juin 1985 !!!

Quelle journée magnifique !!!

J’étais blessé au début du tour final mais Monsieur Colasse m’a permis de me soigner pour pouvoir participer.

Il avait compris que je voulais plus que tout faire partie de l’équipe.

J’ai tout essayé pour me guérir et j’ai eu la chance de pouvoir participer à des bouts de matchs et notamment le dernier.

Je n’oublierai jamais les chaises au bord du terrain, le ballon coincé au piquet de corner et cet arbitre qui ne sifflait pas la fin.

Ensuite, l’envahissement de terrain.

Je m’étais acheté des nouvelles godasses de foot et je n’ai joué qu’un match avec.

Heureusement, les supporters m’ont laissé avec un beau slip bleu, sinon j’étais nu comme un ver au beau milieu de la pelouse. »

La montée, un hasard chanceux ou l’objectif d’une saison ?

– « Chaque saison, nous avions pour objectif d’atteindre le tour final et c’était la première fois que nous y arrivions pour nos 5 saisons en division 2.

On était déjà content avec ça, on avait rempli notre contrat, c’est peut-être ce qui nous a le plus aidé pour aller jusqu’au bout.

En effet, nous n’avions pas trop de pression au début de ce mini-championnat en 6 matchs. »

C’était donc une fin en apothéose pour une saison qui n’avait pas été toute rose pour vous.

– « Non, c’était une saison de galère.

Mais il faut relativiser, il y a des choses dans la vie qui sont bien plus pénibles.

Bon ok, c’était une année difficile mais je ne crevais pas de faim, je n’étais pas malade, c’était la vie tout simplement. »

Articles les plus récents