À la lecture de la feuille de match, beaucoup d’observateurs furent surpris des choix de Peter Maes : Heynen et Samatta étaient préférés à Trossard et Bailey. En fait, dans le chef du jeune et talentueux médian, c’est une demi-surprise puisqu’il a été titularisé à dix reprises sur 16 rencontres, toutes compétitions confondues, depuis le début de la saison 2016-2017.
Quant au solide attaquant Tanzanien (3 buts en Pro League), il était appelé à apporter encore plus de profondeur et de percussion afin d’isoler Karelis ou à faire le ménage pour les infiltrations de ce poison de Pozuelo. La grande technicité de ce dernier demandait une opposition tout aussi relevée dans ce registre. Comme par hasard, Sotiris Ninis était dans ses parages, des espaces aussi que Damien Marcq et Christophe Diandy se chargeaient pour leur part, tour à tour, de colmater.
En outre, il fallait également garder plus qu’un œil attentif aux montées incessantes de Bojan Nastic qui plaçait Clinton Mata dans une situation délicate puisque notre arrière droit devait également s’occuper de Susic, lequel prenait un malin plaisir à s’immiscer avec habileté dans les intervalles.
La rapide réalisation de Karelis (qui n’hésitait pas à reculer dans le jeu afin d’accentuer la vitesse dans la reconversion offensive de ses partenaires), totalement ignoré par la défense locale, avait de quoi décontenancer le plus optimiste des supporters du Sporting.
Comment les Zèbres allaient-ils réagir ? Vite et bien avec une riposte orchestrée par Francis N’Ganga qui permit à Clément Tainmont d’armer une frappe que Bizot ne parvint pas à contrôler. « Sotos », en embuscade, n’avait plus qu’à pousser le ballon dans le goal vide bénéficiant, au passage, d’un manque de marquage coupable de Nastic.
On pensait les Zèbres relancés mais bien au contraire, les Limbourgeois reprirent les rênes du match et firent le siège devant les remparts adverses en sollicitant particulièrement la flexibilité de Pozuelo dont les rotations et les ratissages amenaient un danger permanent.
Le travail entre les lignes s’en trouvait extrêmement périlleux et compliqué, les Zèbres manquant cruellement de précision et ne parvenant pas à combiner harmonieusement. Les deux arrêts prodigieux de Nicolas Penneteau, consécutivement devant Castagne et Ndidi, permirent à son équipe de se maintenir dans une rencontre au contexte paradoxal où la possession de balle était nettement en faveur des pensionnaires de la Cristal Arena mais où les Carolos conservaient encore toutes leurs chances de victoire.
Et au fil des minutes, ceux-ci reprirent des couleurs et réussirent à mieux contrôler et tempérer les assauts visiteurs. Mieux, ils vinrent même titiller Bizot qui dut s’employer sur des essais de Mamadou Fall et de Sotiris Ninis. Le jeu plus débridé de Genk faisait l’affaire de Javier Martos et de Steeven Willems qui émergeaient progressivement dans les duels et le Sporting évolua avec plus de cohésion, d’aboutissement et de saine agressivité dans les situations à un contre un.
Finalement, ce sera une phase arrêtée et un second ballon mal négocié par la défense limbourgeoise qui feront pencher la balance du bon côté pour les Zèbres. Dans sa formidable reprise, Christophe Diandy verra sa hargne et son sens de la collectivité récompensés à l’image d’une formation fermement décidée à jouer les premiers rôles mais qui devra aussi se remettre continuellement en question afin de gérer, le mieux possible, ses ambitions.
Quand le Sporting s’élance… We Are Charleroi.