Jordi Condom: "Félicitations à Charleroi pour son début de saison. Nous étions venus ici dans le but d’attendre un peu Charleroi car nous savions qu’ils avaient beaucoup de vitesse, ce qui nous laisserait aussi des espaces. Je pense que nous étions très bien, que nous récupérions beaucoup de ballons pour pouvoir partir en contre-attaque, avant le premier but… Le but de l’année des 30-35 mètres qui est tout simplement incroyable. Ça nous a causé du tracas puisque ça changeait nos plans d’avant-match. Nous étions frustrés et nos mécanismes d’attaque ne fonctionnaient plus et nous ne parvenions plus à réaliser les mouvements que nous travaillons. Chaleroi a ensuite eu beaucoup de possibilités et a fait preuve de réalisme puisque c’est trois occasions, trois buts…
On pouvait alors penser que le match était fini, mais avec notre jeunesse et notre volonté de toujours y croire, comme contre Anderlecht, on perd ce respect que nous avons pour la D1 quand nous nous disons que tout est perdu. En seconde mi-temps, nous avons commencé à y croire, nous étions en confiance, et avons mis la pression. Après notre 2e but, nous avons eu énormément d’occasions pour en inscrire un 3e mais en prenant alors des risques qui donnaient aussi la possibilité à Charleroi d’en inscrire un 4e. Nous aurions mérité un match nul 3-3 mais les trois points vont à Charleroi, que je félicite encore."
Felice Mazzu: "Mon sentiment est bien sûr mitigé. D’une part parce que nous avons fait 40 minutes où on a vu "le nouveau Charleroi", avec beaucoup d’intensité, un superbe état d’esprit, des mouvements bien dessinés et nous avons eu le bonheur de mener 3-0 avec ce premier but de Steeven Willems qui est extraordinaire et qui nous a bien lancés dans le match. Ensuite, on a revu le Charleroi d’il y a deux ans, avec une gestion un peu plus délicate, un peu moins de maturité. Même si, ces derniers temps, nous avions progressé dans ce domaine-là, nous avons aujourd’hui oublié certaines règles d’intransigeance, de maturité, de duels.
Il faut aussi tenir compte de la qualité offensive de cette équipe d’Eupen. Je pense que contre n’importe quel adversaire, quand les joueurs offensifs se présentent à un contre un, il faut savoir faire la part des choses entre la qualité offensive de l’adversaire et la qualité défensive de mon équipe. En menant 3-0 à la maison, nous nous sommes fait peur jusqu’au bout. Dans les 5 dernières minutes, en contre-attaque, nous devions alourdir le score. Nous n’allons quand même pas faire la fine bouche… Nous avons gagné ce match, restant ainsi sur 5 matches sans défaite. Nous continuons à avancer et c’est ça le principal!
En ce qui me concerne, être en tête du championnat n’a aucune importance. Je me souviens que les années précédentes, à ce stade de la compétition, nous avions un, deux ou trois points sur quinze et je vous disais qu’il fallait rester très calme et serein parce qu’un championnat c’est très long et que l’important c’est de savoir comment on va le finir! C’est la fin qui est importante, pas vraiment le début… Je vous dis la même chose aujourd’hui! C’est très bien, ça veut dire que Charleroi a bien démarré, a bien travaillé en préparation, est prêt pour ce début de saison. Cette première place a de la valeur pour mes joueurs qui ont un état d’esprit extraordinaire et qui se donnent chaque jour à l’entrainement, mais elle n’est pas représentative de quoi que ce soit pour le moment.
Steeven Willems a souvent été comparé à Dorian Dessoleil et, il y a peu encore, je lisais encore que nous avions gagné plus de matches sans lui qu’avec lui dans le onze. Le but qu’il marque aujourd’hui me fait énormément plaisir car, depuis le début de la saison, il est énormément appliqué, professionnel, il fait de grosses prestations et la beauté de ce but vient récompenser son travail.
En ce qui concerne David Pollet, je suis évidemment heureux. Non pas parce qu’il a marqué deux buts aujourd’hui mais parce que dans tous les matches qu’il a joués, il a énormément travaillé défensivement. Beaucoup de personnes ont à nouveau douté de lui… C’est un garçon qui a besoin de confiance et de temps de jeu. Là aussi, ses deux buts viennent récompenser son travail et sa bonne mentalité à l’entrainement.
Vu la qualité d’Eupen, sa vivacité et ses sorties verticales en contre-attaque, j’ai estimé qu’il fallait avoir des espaces dans le dos de Luis Garcia pour pouvoir repartir. C’est la raison pour laquelle Djamel Bakar a débuté la rencontre: car il a plus de vivacité que Ninis au démarrage. Pour un garçon qui est resté très longtemps sans jouer, qui a patiemment attendu son heure sans broncher, avec une très bonne mentalité, je pense qu’il a livré 60 très bonnes minutes. Il est d’ailleurs impliqué dans la construction du 3e but en étant très respectueux des consignes et du jeu que nous lui avions dermandé de produire."