Que recherchez-vous ?

F. Mazzu :  » J’attends une grosse réaction face à Mouscron

" Nous avons laissé Didi, au chaud, suite à un mal de gorge, enrhumé. Nous avons attendu jusqu’à ce lundii, pour voir s’il était sélectionnable. Nous avons eu un avis médical positif. Nous verrons ce mardi s’il est alignable ou pas.
 
En tant qu’entraîneur, il y a deux moyens de passer cette période délicate. D’abord, essayer, comme je l’ai toujours fait depuis que je suis ici, de rester dans le positif, essayer de protéger au maximum mon groupe, de tourner en positif ce qui n’a pas été. Quand on tombe dans le négatif, on a du mal à avancer. Ensuite, la deuxième manière est d’essayer de provoquer un électrochoc, d’inciter à ce qu’ils prennent leurs responsabilités et de les mettre devant le fait accompli. Bien leur dire ce qui n’a pas fonctionné et pourquoi… Même si cela fait mal et que cela peut blesser. C’est cette deuxième solution que j’ai choisi cette fois-ci. Je pense ne pas les avoir préservés. J’ai dit effectivement que nous étions pour le moment une petite équipe et qu’avec la manière dont on évolue ces derniers temps, nous n’atteindrons pas le top 6. Nous devons retrouver un esprit de groupe, un équilibre et les bases d’un bon football. J’ai donc choisi, cette fois-ci, d’être un peu différent dans la manière de communiquer avec mes joueurs. J’espère qu’il y aura un électrochoc, qu’ils comprendront le message et qu’ils auront bien assimilé que nous ne pourrons pas toujours être dans l’ouate, qu’à un moment donné, il faut en sortir et réagir. J’attends une grosse réaction face à Mouscron.
 
Quand on réalise probablement nos vingt meilleures minutes de la saison dans l’animation, dans la manière dont avons marqué, nous aurions pu doubler, voir, tripler la marque et puis tout s’effiloche. Ce n’est pas les conséquences d’un manque de qualités. Il s’est passé quelque chose dans l’équilibre du groupe, dans la volonté et dans la base du football, c’est-à-dire, l’engagement, le gain des duels, le travail de groupe. Nous n’avons plus couru tous ensemble vers l’avant, vers l’arrière, sur les côtés. On a couru de façon dissociée.
 
 
Je pense que le match de Westerlo ne ressemble pas du tout à celui de Louvain où nous avions réussi à mettre nos deux buts dans les moments forts. Nous aurions pu en mettre 3 ou 4. Ensuite, le groupe a quand même fait preuve, même si nous avons été moins bons et que nous avons reculé, nous avons quand même su préserver l’avance du score. Finalement, il y a eu un travail collectif même s’il n’était pas bon à certains moments. Nous avons absolument voulu préserver le résultat. À Westerlo, nous leur avons donné le match par manque d’état d’esprit. C’est difficilement explicable. Nous sommes peut-être tombés dans la facilité en se disant qu’après 20 minutes de football correct, rien ne pouvait nous arriver. Westerlo a pris le dessus dans l’engagement, dans la volonté. Westerlo a joué comme une équipe qui voulait absolument rester en D1 et nous, nous avons joué comme une équipe qui pensait que le match était terminé après 20 minutes. Si le match démarre de la manière dont on a joué entre la 25′ et la 90′  et que la rencontre a le même contenu pendant 90 minutes, les explications sont plus simples à donner et sont plus crédibles. Démarrer un match comme on la fait et que tout d’un coup, il y a un changement radical, on essaie de trouver des solutions en parlant, mais les vraies raisons, c’est difficilement explicable.
 
Je ne dis pas que nous avons eu un manque d’envie. Je dis que nous n’étions pas présents dans les duels. Le travail n’était pas réfléchi, il n’y avait pas de coordinations. Nous étions plus dans le geste technique et dans la beauté du geste que dans le fait de se salir comme des ouvriers, dans le sens noble du terme. À un moment donné, dans des matches comme ceux-là, nous devons être plus agressifs, faire ce qu’on sait faire, rester simple, et pas essayer d’inventer des choses que nous sommes incapables de faire. À partir du moment où on lance 3 attaquants sur le terrain, qu’il reste cinq minutes de jeu et que nous perdons encore des ballons en voulant éliminer, ce n’est pas un manque d’envie, c’est un manque de réflexion, de justesse et de choix. Nous avons peut-être aussi moins de maîtrise dans la possession de balle. Lors de ces moments-là, on doit avoir plus de conservation et ne pas rendre le ballon aussi vite à l’adversaire et devoir reculer. Alors que nous menions, nous avons commencé à avoir un positionnement frileux sur le terrain, nous avons douté. À ce moment, l’adversaire a pris le dessus.
 
 
Par rapport à ce qui a été notre plus mauvaise prestation, par rapport à notre résultat et les autres scores du week-end, les joueurs doivent être conscients que nous avons encore une grosse possibilité de faire finalement une bonne opération et se relancer, même si les points perdus restent perdus. J’espère qu’ils auront tourné la clef avec tout ce que l’on leur a dit, toutes les infos qui ont été données, la manière dont je leur ai parlé depuis Westerlo, j’espère effectivement, une grosse réaction au "Canonnier". On peut effacer, une partie en tout cas, les points perdus, sur un seul match. Ce serait bien de prendre les trois points et terminer avec un gros match qui nous attend samedi prochain, dans les conditions de sérénité positive.
 
J’ai vu Mouscron jouer plusieurs fois. Ils ont réalisé un gros match à Genk, ils avaient une bonne organisation de jeu contre Courtrai. C’est une équipe qui finalement a le même schéma que nous, qui est capable de faire de très bonnes prestations. C’est une équipe qui s’est reconstruite et qui a redémarré quasiment au point zéro. Mouscron prend beaucoup plus de points en déplacements qu’à domicile. Leur style de jeu est plus propice aux grands espaces et quand l’adversaire fait le jeu. Ce sera à nous d’être attentif à cela.
 
Quand on présente un adversaire, les lignes directrices que l’on donne aux garçons sont surtout les mouvements que les joueurs effectuent par rapport aux qualités de l’équipe et donc les espaces qu’eux essaient de créer pour nous mettre en difficulté. Ensuite, on donne une analyse individuelle des joueurs qui ont prestés le plus souvent depuis le début de la saison. En fonction de cela, à l’entame du match, on voit qui est sur le terrain, on rectifie ou on confirme ce qui a été dit. On prépare surtout un match, d’abord dans la situation où nous sommes aujourd’hui, par rapport à nos qualités et nos défauts, la qualité de l’adversaire est importante mais on doit d’abord se baser sur nous, si nous voulons nous sortir de la situation actuelle.
 
J’ai mis les joueurs devant le fait accompli de façon collective. Ce n’est pas la première fois que je me trouve dans un tel état d’esprit. J’ai dit ce que j’avais à dire à différentes reprises. Aujourd’hui, je leur ai dit ce que j’avais vraiment au fond de moi. Je reconnais être déçu.
 
Mouscron et Charleroi sont deux clubs francophones, mais je ne pense pas que l’on doive parler de derby. C’est une rencontre avec deux équipes qui peuvent jouer à très haut niveau ou jouer moins bien.
 
 
Karel, qu’il joue ou pas, est certainement un des joueurs qui a le plus de sérieux, de professionnalisme, qui essaie de comprendre les choix. Cela fait partie de sa personne, c’est quelqu’un de très important pour le groupe. Tous les autres doivent comprendre. Quand vous voyez les attitudes de Karel ou de Penneteau, qui sont des joueurs qui ne prestent pas pour le moment et qui ont certainement un comportement exemplaire dans un vestiaire ou sur un terrain alors qu’à eux deux, leur carrière est plus importante que le reste de l’équipe. Le meilleur exemple, ce sont ces deux joueurs-là. Certains garçons devraient s’inspirer de l’attitude, de la mentalité professionnelle, du respect du club, du staff et de l’entraîneur.
 
Le milieu professionnel, ce n’est pas un milieu d’enfants. Tout n’est pas rose, on n’est jamais tranquille. Que cela soit les joueurs, le staff, c’est notre métier. On vit de ce métier et de la passion qui nous habite. À partir de là, on doit toujours essayer d’être performant et bon. On ne doit jamais se comporter comme des gosses. Nous ne sommes pas dans un lieu de vacances. Nous sommes là pour donner du plaisir à des gens, à des supporters qui doivent mettre de l’argent de côté pour pouvoir faire en sorte de venir voir Charleroi. Rien que pour cela, notre attitude doit devenir professionnelle à tous les niveaux, à tous les égards
 
Je pense que nous avons un staff qui s’intéresse très fort au mental et qui prend beaucoup d’informations à gauche ou à droite et la manière dont on se comporte par rapport à eux, n’impliquent pas la présence de quelqu’un qui apporterait quelque chose de supplémentaire au niveau mental et psychologique. Nous faisons assez pour préserver le groupe quand il le faut ou pour leur dire les choses en face ce qu’un entraîneur mental ferait certainement, tout en leur faisant prendre conscience que lorsque les choses tournent un peu moins bien, il faut jouer avec ses qualités, jouer simple. On leur dit. Quand les choses tournent bien et que tout le monde est en confiance, on peut oser des choses plus élevées et plus intéressantes. On leur dit aussi. Nous n’avons pas un staff dictateur qui rentre dedans n’importe comment, on a un staff qui communique beaucoup, cela fait partie de la psychologie. Je ne pense pas que quelqu’un de l’extérieur pourrait nous apporter un plus. Nous vivons actuellement un problème de doute collectif. Nous avons moins de cohésion pour le moment. À nous de retrouver un équilibre le plus vite possible."

 

Articles les plus récents