L’affiche de cette dixième journée de Pro League pouvait décider d’objectifs futurs à définir selon son verdict. Après la 5ème journée, le Sporting était leader avec un très bon total de 11 points sur 15 et après un petit coup de mou (1/6) comme toute formation, même élitiste, peut connaître, le Club a repris sa marche en avant avec un très prometteur 7/9 face à trois prétendants au Top 6 (Ostende, Zulte-Waregem et le FC Bruges) !
Le but de Chris Bedia, alors qu’il restait quelques secondes pour atteindre la fin du temps réglementaire, traduit pleinement le sentiment général qui se dégage de cette importante victoire : les Zèbres doivent prendre conscience désormais de leur statut et faire face à leurs responsabilités. Un statut qui s’affirme progressivement afin de s’installer durablement dans le haut du classement de notre compétition et des responsabilités qui consistent à respecter régulièrement les stratégies tactiques appelées à être développées tout au long d’une rencontre en fonction des circonstances et de l’évolution schématique de l’adversaire.
Ce nouveau rang et ces prédispositions, les Carolos les ont exprimées avec plus ou moins de bonheur, avec parfois du déchet dans la circulation et le dernier geste, mais aussi avec des séquences de jeu intensives, volontaires, empreintes d’une grande générosité physique dans la conquête du ballon et d’intelligence dans l’application du système de jeu.
En regagnant les vestiaires, les Carolos étaient bien conscients qu’une bonne dose de réussite (qui sourit souvent aux champions !) leur avait permis de garder leur domaine inviolé. Fichtre, le tir sur la latte de Wesley, qui suivait une première grosse opportunité par Vossen, et la reprise de la tête à bout portant de Vanaken auraient pu plier le match en l’espace d’une demi-heure.
Eh bien, les Zèbres étaient toujours debout, solidement ancrés dans leurs crampons grâce à la brillante prestation de Nicolas Penneteau mais aussi grâce à leur solidarité collective à tous les niveaux : la défense assurait, certes, en faisant de temps à autre le gros dos; le triangle médian zébré bataillait ferme mais n’avait toutefois rien à envier à son homologue adverse et la ligne offensive ne manquait pas de monopoliser la concentration de la défense visiteuse. Malgré que le premier tir cadré par Chris Bedia ne survînt qu’à la 21ème, celui de Damien Marcq, qui répondait à l’occasion de l’ex-Lokerenois, fut encore plus significatif de la détermination des Zèbres à ne pas se résoudre à un rôle de simples et passifs figurants.
La sortie de Djamel Bakar pour Clément Tainmont laissait augurer d’une configuration en 4-4-2, un changement de plan évident dans la répartition des tâches : Mamadou Fall était dévolu à prester plus axialement aux côtés de Chris et Clément se positionnait sur son flanc gauche traditionnel afin de décrocher et de dédoubler, en alternance, avec Francis N’Ganga.
Suite à la frayeur engendrée par la difficile reprise de Cools sur un coup franc de Van Rhijn proche du point de corner à la 63ème, les Zèbres récupérèrent la possession du ballon et laissaient moins d’espaces dans les intervalles obligeant les Brugeois à recourir à la faute nécessaire.
L’une d’entre elles sera à l’origine du goal des Zèbres : Clinton Mata distilla un ballon « dans le paquet », repoussé par Benoît Poulain, qui vint se poser sur le pied gauche magique de Clément Tainmont… La reprise de la tête concluante de Chris Bedia scella le sort de Brugeois médusés par la tournure d’événements qui auraient pu leur être pourtant profitables plus d’une fois. Les joueurs de la Venise du Nord méditeront sur leur inquiétante impuissance sporadique en zone de finition… Rien ne sert de dominer, il faut marquer à point : tel est le nouvel adage d’une philosophie implacable mais lucrative… Les Carolos, eux, l’ont bien assimilé !
Quand le Sporting s’élance… We Are Charleroi !